En tournée
Kate Tempest

Kate Tempest


Les quartiers populaires de Londres, l'odeur des fish & chips, les murs de briques rouges et les jeunes gangsters désarmés devant l'injustice de la vie : Kate Tempest connaît bien ces histoires, et son premier album Everybody Down était, déjà, une fable moderne qui parlait d'amour, de tragédie et de rédemption. 

Poète urbaine, musicienne et figure de proue d’un rap conscient, Kate Tempest revient avec Let Them Eat Chaos : l’album, organisé comme une série de vignettes, guide la slammeuse de chambre en chambre, auprès de sept personnes éveillées pour une raison qui leur est propre, juste avant l’aube, lorsque l’heure est encore à une certaine vulnérabilité. Kate y joue le rôle traditionnel du narrateur avec sa cadence presque shakespearienne et son accent du Sud de Londres. Elle est au service du langage, et Let Them Eat Chaos est comme un long poème, une pensée faussement en désordre et des mots qui cognent avec une puissance sans équivalent.

Pour cet album, Kate a de nouveau travaillé avec le producteur et mixeur Dan Carey (Bat for Lashes, Chairlift, Franz Ferdinand, Sia), dans un processus créatif où chaque parole et beat étaient écrits ensemble. Aux lignes obsédantes du synthé répond une basse au son clair et sculpté, sur laquelle le flow agile de Kate fait merveille. Celle qui sait comme nulle autre raconter une histoire intime sans tomber dans la banalité, avec son énergie franche et combattante de rappeuse, aborde sans compromis la pauvreté, les inégalités, les rapports de classes, et ne recule devant aucune question socio-économique qui agite nos sociétés.

Ce n’est pas du pessimisme, c’est du combat, une plume aiguisée, directe mais toujours humble qui secoue nos envies de renoncement. Une rébellion qui prend aux tripes et lève fièrement le poing.