En tournée
Bachar Mar-Khalifé

Bachar Mar-Khalifé


C'est en fouillant dans la discothèque familiale que Bachar Mar-Khalifé découvre, à l’adolescence, Escalay, The Water Wheel (1971) du Nubien Hamza El Din. Ce disque solo, d’un joueur de oud et chanteur méconnu en Europe, le transporte. « À la première écoute, on entend de la musique traditionnelle. Quand on écoute mieux, on entend les harmonies, la percussion et la basse, la transe, la puissance et l'infini. Et pour moi, c’est du rock. »

Né en 1929 dans la mythique Nubie, région du sud égyptien et du nord soudanais, Hamza El Din apprend le oud au Caire puis retourne dans sa communauté, avant la construction du barrage d’Assouan, pour collecter les musiques traditionnelles des populations de villages bientôt engloutis. En 1962, il émigre aux Etats-Unis où il jouit d’une grande popularité dans la scène folk et au delà (Grateful Dead, Steve Reich et Terry Riley..) jusqu’à son décès en 2006.

Depuis Oil Slick, le remarquable premier album de Bachar Mar-Khalifé paru en 2010, la réputation d’excellence du franco-libanais se répand comme une tache d’huile. Aussi, en 2017 le festival Les Nuits Botanique lui commande une création, pour laquelle Bachar Mar-Khalifé propose immédiatement un hommage au oudiste. Terminant tout juste une tournée de deux ans avec un trio électrique monté pour présenter Ya Balad, album enregistré seul, il décide pour donner corps à cette intuition de jeunesse de s’entourer d’un groupe. Bachar, le chanteur, compositeur et multi-instrumentiste, a pris goût à la transe collective, au fuzz du saz amplifié de Priam « Desmond » Bosano, au groove de la basse d’Aleksander Angelov et à la fougue de son jeune batteur Dogan Poyraz. À ce trio s’ajoutent pour l’enregistrement, Yacir Rami au oud et Natasha Rogers aux percussions.

The Water Wheel s’ouvre par deux longues plages adaptées du morceau titre de l’album d’Hamza El Din qui évoque la récupération de l’eau du Nil par une roue actionnée de ses mains d’enfant. La profonde nostalgie d’une activité rendue inutile par la construction du barrage trouve chez Bachar un profond écho. Il y entend le souvenir d’un monde d’avant l’industrialisation, d’avant la pollution de l’eau, des sols et des esprits par les sociétés d'ultra consommation.

Greetings est tiré d’un des derniers albums de Hamza El Din quand le Nubien se frottait à d’autres cultures musicales. Celui-ci chantait le refrain avec un ensemble de voix bulgares. Bachar lui, nous en offre une version pop, solaire et joyeuse qui contraste avec l’atmosphère plus « sombre » du reste du disque, à l'image du survolté Desse Barama (Paix) qui prend la violence des hommes de face dans un monde de guerres.

Hela Lisa, chant de batelier du Nil, est un autre morceau sauvé de l’oubli dans les années 60. Le titre et refrain ont un double sens. Ils se comprennent comme une exhortation au travail « ho-hisse », ou comme une invocation à Jésus / Issa pour son aide. Le refrain est martelé comme celui d’un work-song afro-américain où la rythmique sobre et claire accompagne une activité physique répétitive.

Hamza El Din n’a pas uniquement transmis son patrimoine nubien, il a aussi enregistré des versions « désossées » de standards de la musique arabe populaire. Sa version de I Remember de Oum Kalthoum figure dans le disque originel The Water Wheel. Cœur de cet album, Bachar le ré-orchestre en trois parties hypnotiques où l’influence des musiques électroniques sur son travail est la plus prégnante.

En clôture de l’album Bachar reprend El Hilwatu dont la version live donnée en 1978 en introduction d’un concert des Grateful Dead l’a toujours hanté.

The Water Wheel - a tribute to Hamza El Din, est fidèle à l’ouverture d’esprit dont le musicien nubien a fait preuve à la fin de sa vie. Hamza El Din a créé son héritage en pratiquant le oud (instrument méconnu dans sa région) en solo alors que l’usage était à la pratique collective. Enregistré partiellement en prises live, l’album laisse la place à l’improvisation, et les morceaux longs et sans concessions aucunes, sont séquencés en parties

D'une grande cohérence esthétique, l’album s’écoute comme une suite. On y retrouve, comme dans ses trois précédents opus, l’intensité émotionnelle du chant de Bachar, l’équilibre entre percussion et cordes ainsi que la place qu’il laisse au silence ; trois qualités partagées avec son héros musical, Hamza El Din.

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Concerts

  • Bachar Mar-Khalifé


    The Water Wheel

    16 novembre

    Espace du Roudour, Saint Martin des Champs
  • Bachar Mar-Khalifé


    The Water Wheel

    22 novembre

    Théâtre de Valence, Valence
  • Bachar Mar-Khalifé


    The Water Wheel

    23 novembre

    Auditorium Jean Moulin, Avignon
  • Bachar Mar-Khalifé


    The Water Wheel

    24 novembre

    L'Astrolabe, Figeac
  • Bachar Mar-Khalifé


    29 novembre

    XXF Festival, Istanbul (TUR)
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    The Water Wheel

    1 décembre

    Le Plan, Ris Orangis
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    The Water Wheel

    6 décembre

    Les Trinitaires, Metz
  • Bachar Mar-Khalifé


    The Water Wheel

    21 décembre

    Scène du Jura, Lons le Saulnier
  • Bachar Mar-Khalifé


    The Water Wheel

    8 février

    Sémaphore, Cébazat
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    The Water Wheel

    5 mars

    Théâtre de Saint Nazaire, Saint Nazaire