En tournée
Bachar Mar-Khalifé

Bachar Mar-Khalifé


YA BALAD

Bachar Mar-Khalifé est un homme libre. Ce n’est pas un état de fait, c’est une manière d’être. A l’époque des revendications identitaires, quand les états civils valent états de services, il n’a de cesse de secouer les registres pour faire valser les étiquettes. Entre percussion traditionnelle et classique, piano, direction d’orchestre, il se sent poussé au choix. Mais les différents projets qu’il mène de front ne lui en laissent pas le temps. Heureusement ! Il digère toutes ces facettes pour en devenir le dénominateur commun unique. Sur scène, il les aborde toutes avec un amour et une énergie semblables.


THE WATER WHEEL - A tribute to Hamza El Din

C'est en fouillant dans la discothèque familiale que Bachar Mar-Khalifé découvre, à l'adolescence, Escalay, The Water Wheel (1997) du Nubien Hamza El Din. Ce disque solo, d'un joueur de oud et chanteur méconnu en Europe, le transporte. " À la première écoute, on entend de la musique traditionnelle. Quand on écoute mieux, on entend les harmonies, la percussion et la basse, la transe, la puissance et l'infini. Et pour moi, c'est du rock."

Né en 1929 dans la mythique Nubie, région du sud égyptien et du nord soudanais, Hamza El Din apprend le oud au Caire puis retourne dans sa communauté, avant la construction du barrage d'Assouan, pour collecter les musiques traditionnes des populations de villages bientôt engloutis. En 1962, il émigre aux Etats-Unis où il jouit d'une grande popularité dans la scène folk et au delà (Greteful Dead, Steve Reich et Terry Riley...) jusqu'à son décès en 2006.

Depuis Oil Slick, le remarquable premier album de Bachar Mar-Khalifé paru en 2010, la réputation d'excellence du franco-libanais se répand comme une tache d'huile. Aussi, en 2017, le festival Les Nuits Botanique lui commande une création, pour laquelle Bachar Mar-Khalifé propose immédiatement un hommage au oudiste. Terminant tout juste une tournée de deux ans avec un trio électrique monté pour présenter          Ya Balad, album enregistré tout seul, il décide pour donner corps à cette intuition de jeunesse de s'entourer d'un groupe. Bachar, le chanteur, compositeur et multi-instrumentiste, a pris goût à la transe collective, au fuzz de saz amplifié de Priam " Desmond " Bosano, au groove de la basse d'Aleksander Angelov et à la fougue de son jeune batteur Dogan Poyraz. À ce trio s'ajoutent pour l'enregistrement, Yacir Rami au oud et Natasha Rogers aux percussions.

The Water Wheel s'ouvre par deux longues plages adaptées du morceau titre de l'album d'Hamza El Din qui évoque la récupération de l'eau du Nil par une roue actionnée de ses mains d'enfants. La profonde nostalgie d'une activité rendue inutile par la construction du barrage trouve chez Bachar un profond écho. Il y entend le souvenir d'un monde avant l'industrialisation, d'avant la pollution de l'eau, des sols et des esprits par les sociétés d'ultra consommation.

Greetings
est tiré d'un des derniers albums de Hamza El Din quand le Nubien se frottait à d'autres cultures musicales. Celui-ci chantait le refraub avec un ensemble de voix bulgares. Bachar lui, nous en offre une version pop, solaire et joyeuse qui contraste avec l'atmosphère plus " sombre " du reste du disuqe, à l'image du survolté Desse Barama (Paix) qui prend la violence des hommes de face dans un monde de guerres. 

Hela Lisa, chant de batelier du Nil, est un autre morceau sauvé de l'oubli dans les années 60. Le titre et refrain ont un double sens. Ils se comprennent comme une exhortation au travail "ho-hisse", ou comme une invocation à Jésus / Issa pour son aide. Le refrain est martelé comme celui d'un work-song afro-américain où la rythmique sobre et claire accompagne une activité physique répétitive. 

Hamza El Din n'a pas uniquement transmis son patrimoine nubien, il a aussi enregistré des versions " désossées " de standards de la musique arabe populaire. Sa version de I Remember de Oum Kalthoum figure dans le disque originel The Water Wheel. Coeur de cet album, Bachar le ré-orchestre en trois parties hypnotiques où l'influence des musiques électroniques sur son travail est la plus prégnante. 

En clôture de l'album Bachar reprend El Hilwatu dont la version livre donnée en 1978 en introduction d'un concert des Grateful Dead l'a toujours hanté.

The Water Wheel - a tribute to Hamza El Din, est fidèle à l'ouverture d'esprit dont le musicien nubien a fait preuve à la fin de sa vie. Hamza El Din a créé son héritage en pratiquant le oud (instrument méconnu dans sa région) en solo alors que l'usage était à la pratique collective. Enregistré partiellement en prises live, l'album laisse la place à l'improvisation, et les morceaux longs, séquencés en parties, ne sont pas calibrés pour la radio.

D'une grande cohérence esthétique, l'album s'écoute comme une suite. On y retrouve comme dans ses trois précédents opus, l'intensité émotionnelle du chant de Bachar, l'équilibre entre percussion et cordes ainsi que la place qu'il laisse au silence ; trois qualités partagées avec son héros musical, Hamza El Din.

Concerts

  • Bachar Mar-Khalifé


    The Water Wheel

    24 avril

    Fondation Jan Michalski, Montricher
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    The Water Wheel

    30 avril

    Nuits Botanique, Bruxelles
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    The Water Wheel

    25 mai

    L'Amalgame, Yverdon-les-Bains (Suisse)
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    The Water Wheel

    26 mai

    Festival Aux Sons du Lub', La Tour d'Aigues
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    The Water Wheel

    29 mai

    Teatro da Trindade, Lisbonne
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    The Water Wheel

    14 juin

    La Nef, Angoulême
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    The Water Wheel

    1 juillet

    JazzTM, Timisoara
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    14 juillet

    Francofolies, La Rochelle
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    The Water Wheel

    24 juillet

    Les Nuits de Fourvière, Lyon
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